lundi 4 avril 2011

Murs et frontières entre hier et aujourd'hui



Sujets épreuves du bac 2010

Surprise ! En 2010, la partie "majeure" de l'épreuve d'histoire-géo du bac était partagée, histoire pour les L/ES, géo pour les S. Voici les sujets sur lesquels ont planché les lycéens des sections générales pendant 4 heures ce matin...

Séries L et ES

Epreuve majeure, Histoire

Il fallait traiter l'un de ces trois sujets au choix.

- Composition : « Le Tiers-Monde : indépendances et tentatives d’organisation (1945-fin des années 1980) »

- Composition :« Les démocraties populaires et leurs évolutions (1948-1989) »

- Etude d'un ensemble documentaire : « Comment ont évolué les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France depuis 1945 ? »

Etudes de documents, Géographie

Il fallait expliquer l'un de ces deux documents au choix, à partir de questions associées à chaque document.

Document 1 : Croquis : « L’organisation de l’Europe rhénane »

Document 2 : « La Russie : un territoire inégalement peuplé et mis en valeur »

Série S

Epreuve majeure, Géographie

Il fallait traiter l'un de ces trois sujets au choix.

- Composition : « La superpuissance des Etats-Unis et ses manifestations dans l’espace mondial »

- Composition : « La mégalopole japonaise »

- Etude d'un ensemble documentaire : « L’interface méditerranéenne : quels effets sur les littoraux des pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée (PSEM) ? »

Etudes de documents, Histoire

Il fallait expliquer l'un de ces deux documents au choix, à partir de questions associées à chaque document.

Document 1 : « Une analyse de la situation internationale de 1945 à 1985 »

Document 2 : « Analyse d'un publicité du comité économique et social du Centre-Ouest (CESCO), 1962-1963 »

Découvrez tout de suite les sujets sur lequels les candidats de STG ont planché...

PREMIÈRE PARTIE

Questions d’histoire
1 ) Les cinq événements indiqués ci-dessous se rapportent tous à la période du monde
bipolaire. Donnez l'année de quatre d'entre eux. (2 points)
- création des deux Allemagne
- effondrement du mur de Berlin
- doctrine Truman
- éclatement de l'URSS
- plan Marshall.
2 ) Citez deux acteurs du pouvoir législatif en France sous la cinquième République.
(2 points)
3 ) Complétez la légende de la carte en annexe page 9/9. (1 point)
Questions de géographie
4 ) Caractérisez les flux migratoires dans l'espace mondial. (2 points)
5 ) Proposez une définition de la notion de pôle. (1 point)
6 ) « La permanence des aires de civilisation est un acteur de différenciation de l'espace
mondial. »
Choisissez deux arguments pour justifier cette affirmation : (2 points)
- l'anglais est la première langue de communication
- les grandes entreprises multinationales doivent adapter leurs produits aux goûts
des différentes populations
- le football est pratiqué dans le monde entier
- des milliers de langues sont parlées dans le monde

- toutes les agglomérations du monde ont des quartiers d'affaires identiques.

SECONDE PARTIE

Exercice n° 1 : sujet d’étude : La santé
Questions :
1 ) Quels regroupements d’Etats peut-on établir au regard de l’espérance de vie ?
2 ) Quelles sont, d'après le document, les caractéristiques des Etats les plus développés ?
3 ) Quels éléments du tableau permettent d'expliquer la faiblesse de l’espérance de vie en
Afrique australe (Afrique du Sud, Botswana, Zambie, Zimbabwe) ?
4 ) Montrez, à l'aide des données du tableau, que la mortalité infantile des différents Etats
est liée aux conditions sanitaires des populations.
5 ) Pourquoi peut-on dire que la santé est révélatrice des différences de développement ?


Exercice n° 2 : sujet d’étude : L’éducation.
Questions :
1 ) Présentez de manière précise les deux documents.
2 ) Quelles sont les principales inégalités en termes d’analphabétisme entre les pays du
bassin méditerranéen ? (document 1)
3 ) Identifiez les acteurs intervenant dans la lutte contre l’illettrisme. (document 2)
4 ) Analysez la situation de la France en matière d'analphabétisme et d'illettrisme en justifiant
votre réponse. (documents 1 et 2)
5 ) Montrez que l'éducation est un enjeu du développement.

Exercice n° 3 : sujet d’étude : L’Algérie à partir de 1954
Questions :
1 ) Présentez le document (nature, auteur, date et contexte).
2 ) Quels objectifs Boumediene espère-t-il atteindre ?
3 ) Relevez les moyens évoqués pour parvenir à ces objectifs.
4 ) Expliquez la phrase soulignée.
5 ) En quoi ce document permet-il d’illustrer les choix de l’Algérie en matière de
développement ?

Exercice n° 4 : sujet d’étude : L’Inde à partir de 1947
Questions
1 ) Dégagez les caractéristiques de la politique économique menée par Nehru. (document 1)
2 ) Relevez dans le document 2 un élément montrant l’intégration de l’Inde dans la
mondialisation.
3 ) Expliquez la phrase soulignée dans le document 1 à l’aide du document 2.
4 ) Quelles sont les limites des politiques de développement menées en Inde .
(documents 1 et 2)
5 ) Montrez en quoi ces deux documents illustrent l’évolution des choix de l’Inde en
matière de politique de développement depuis les années 1950. (documents 1 et 2)


sujets de Pondichéry 2010

http://pedagogie.ac-toulouse.fr/lyc-francais-pondichery/espaceprofs/sujetbac/Bacpondy2010/index.html

L'ALENA

L'Accord de Libre Echange Nord Américain (ou North American Free Trade Exchange) a marqué la naissance d'une zone de libre échange commerciale entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. Ce traité, signé en 1992 et rentré en vigueur le 1er janvier 1994 devait être le début d'un projet plus vaste visant à créer un large espace commercial sur l' ensemble du continent américain pour concurrencer l'Union Européenne qui à cette époque s'affirmait avec le traité de Maastricht.



splash.jpg


Ce traité de libre échange s'inspire d'un accord déjà existant depuis 1989 entre le Canada et les Etats-Unis. Par contre, contrairement aux institutions européennes, il est purement commercial et ne vise aucunement à créer un pouvoir politique ou des lois communes en dehors d'accords marchands. Il s'agit en fait ici de faciliter les échanges et d'éviter les litiges économiques entre les trois pays.

L'article 102 de l'ALENA pose les principes suivants entre les Parties c'est à dire les pays concernés:

" Les objectifs du présent accord,(...) sont les suivants :

a) éliminer les obstacles au commerce des produits et des services entre les territoires des Parties et faciliter le mouvement transfrontalier de ces produits et services;

b) favoriser la concurrence loyale dans la zone de libre-échange;

c) augmenter substantiellement les possibilités d'investissement sur les territoires des Parties;

d) assurer de façon efficace et suffisante la protection et le respect des droits de propriété intellectuelle sur le territoire de chacune des Parties;

e) établir des procédures efficaces pour la mise en oeuvre et l'application du présent accord, pour son administration conjointe et pour le règlement des différends; et

f) créer le cadre d'une coopération trilatérale, régionale et multilatérale plus poussée afin d'accroître et d'élargir les avantages découlant du présent accord. "

Les trois pays membres ont ainsi demantelé leurs barrières économiques au nom du libre échange en supprimant les droits de douanes et en clarifiant et harmonisant leur droit commercial. Par contre, contrairement à l'Europe, la libre circulation ne s'applique qu'aux marchandises, pas aux personnes. S'il n'y a plus de séparation physique entre le Canada et les Etats-Unis qui ont le même niveau de vie, la frontière n'a cessée de se renforcer avec le Mexique, pays du Sud, pour empécher une immigration massive.

De nombreuses entreprises américaines ou canadiennes se sont délocalisées à la frontière mexicaine pour profiter d'une main d'oeuvre bon marché dans ce qu'on appelle les usines "maquiladoras". Des usines de montage destinées au marché des pays riches mais profitant d'ouvriers "latinos" en moyenne sept fois moins chers que leurs homologues "gringos".

TopTradingPartners.gifLa croissance économique a été forte pour toute la région et les trois pays en ont largement profité pour doper leurs échanges. Des échanges qui atteignent 946 milliards de dollars en 2008 soit un triplement depuis 1994.Comme on le voit sur ce graphique des partenaires économiques des Etats-Unis en 2004, le Canada et le Mexique représentent 30% du commerce. Le Mexique lui même a globalement profité de ces emplois nouveaux et de l'afflux d'investissements venus du Nord et a vu son économie s'accroître considérablement. Face à la constitution de grands ensembles économiques, comme l' Union Européenne ou l' ASEAN, c'est aussi le moyen pour les pays américains de ne pas se retrouver isolés dans la compétition économique internationale.

Mais de nombreuses critiques sont aussi venues remettre en cause ce projet. D'abord il n'est qu'économique. On est encore loin de voir la frontière Sud des Etats-Unis s'ouvrir aux flots de migrants qui rêvent de tenter leur chance au delà du Rio Grande (ou Rio Bravo comme on dit au Mexique). On a même vu le mur de séparation à la frontière et les "border patrols" se renforcer. Les camions passent, pas les hommes (en tout cas dans le sens Sud-Nord) comme le
chante Lila Downs.

laborday.gifL'enrichissement n'a pas profité à tout le monde que ce soit au Mexique ou aux Etats-Unis et a surtout été bénéfique pour les dirigeants et les actionnaires. On a même vu se créer une compétition aux bas salaires entre les villes mexicaines pour attirer les sociétés du Nord.Les petits paysans et artisans mexicains n'ont pas pu résister à l'arrivée à bas prix des produits agricoles étatsuniens et canadiens et ont été ruinés. Aux Etats-Unis et au Canada, les pertes ont été grandes pour l'emploi industriel,en effet de nombreuses entreprises en ont profité pour se délocaliser au Mexique mettant du monde au chômage. Une question qui revient régulièrement lors des campagnes électorales. L'un des paradoxes de ce système fait qu'au final les Etats-Unis importent plus qu'ils n'exportent du Canada et du Mexique aggravant leur déficit commercial. Mais un déficit apparent car si les produits sont fabriqués au Mexique, ils appartiennent à des entreprises américaines. Dernier reproche majeur de nombreuses entreprises polluantes ont profité d'une législation beaucoup moins contraignante sur les normes anti pollution au Mexique et s'y sont installées pour polluer tranquillement. (image :"Usine américaine. Sur l'affiche : Fête du travail : cette année le pique-nique aura lieu au Mexique où votre boulot est parti")

En fait si globalement l'ALENA a été très positif économiquement, il a aussi amplifié les inégalités sociales au Mexique ainsi que sa dépendance notamment financière auprès des Etats-Unis. Les heurts de la crise de 2008 ont touché par contrecoup l'économie du Mexique qui a vu son chômage bondir.

Carte1mDans la foulée, les Etats-Unis ont essayé d'initier la ZLEA (Zone de Libre Echange des Amériques), cette fois ci étendu sur tout le continent de "l'Alaska à la Terre de Feu" selon l'expression du président George H. Bush (le père) au début des années 90. Malgré les appels du pied des Etats-Unis, les autres pays d'Amérique Latine ne sont pas très enthousiastes à l'idée de rejoindre un hypothétique marché commun américain sur le modèle de l'ALENA. Il existe déjà d'autres accords de ce type en Amérique dont le principal, initié par le Brésil et l'Argentine, s'appelle le MERCOSUR, qui vise à une plus grande coopération sur le modèle européen et se méfie des ambitions américaines. La ZLEA qui devait démarrer en 2005 est restée au point mort et se heurte à la méfiance des grands pays d'Amérique du Sud. Un projet mort et enterré a même déclaré le premier ministre canadien Stephen Harper en mai 2009.



Pour compléter :

Le site officiel Alenaaujourd'hui.org produit par les trois pays signataires vante les réussites de cet accord.

Le site officiel du secrétariat de l'ALENA (en trois langues, anglais, espagnol et, Canada oblige, en français.). Intéressant avec notamment de nombreux textes expliquant le fonctionnement de cette association mais un peu aride à parcourir.

Un article du journal proche des altermondialistes "Le Monde Diplomatique" qui dénonce
les effets destructeurs de l'ALENA sur les petits paysans mexicains.

Un dossier très riche d'Etienne Augris sur la frontière américano-méxicaine

Sur le Mercosur, le très riche Atlas du Mercosur en ligne qui détaille ce projet dont nous reparlerons ici bientôt.

nafta cartoon
(Caricature anti ALENA :
Au centre: société américaine qui tient dans ses mains l'ALENA et l'
OMC (WTO): "Enfin le libre échange, enfin le libre échange, merci Dieu tout puissant nous avons le libre échange"
A gauche : travailleurs américains : licenciement massifs, disparition des droits des travailleurs"
A droite: travailleurs étrangers: "payes d'esclaves, pas de droits du travail")

L'Asie orientale

1er janvier 2010 : Création d'une zone de libre-échange en Asie


Parmi les nouveautés de ce début d'année, une zone de libre-échange en Asie. Après l'Union Européenne, l'exemple le plus poussé d'intégration, et l'ALENA, la troisième plus importante zone vient d'être créée par les dix pays de l'ASEAN et la Chine.

Qu'est-ce que l'ASEAN ?

Créée pendant la guerre froide, en 1967, pour rassembler les alliés des États-Unis et empêcher le communisme de progresser (selon la fameuse "théorie des dominos"), l'association des nations d'Asie du Sud-Est connaît depuis les années 1990 un nouvel essor. Si elle ne s'interdit pas de traiter de politique, l'association est clairement orientée vers les questions économiques. D'ailleurs, elle rassemble des pays aux systèmes politiques très différents puisque des pays communistes l'ont rejoint (comme le Vietnam). La Thaïlande, la Malaisie, l'Indonésie, Singapour et les Philippines sont ses 5 membres fondateurs en 1967. Le sultanat de Bruneï a rejoint l'ASEAN après son indépendance en 1984. En 1995 et 1997, deux pays officiellement communistes, le Vietnam et le Laos ont adhéré. Puis ce fut le tour de la Birmanie (ou Myanmar) en 1997 et du Cambodgeen 1999.

Que prévoit l'accord de libre-échange ?

Prévue par un traité signé en 2002, une zone de libre-échange est créée. 90% des droits de douanes y sont donc supprimés. Elle doit rassembler dix pays de l'ASEAN et la Chine populaire et inclut 1,9 milliards de personnes. Les échanges commerciaux entre tous ces pays ont déjà connu une augmentation importante, en parallèle et sans doute à cause du développement de l'Asie du Sud-Est. D'ailleurs, elle va faire disparaître des barrières douanières déjà relativement peu élevées (5% pour la plupart).
Pour le moment, seuls six pays de l'ASEAN participent à la zone de libre-échange (Indonésie, Philippines, Thaïlande, Malaisie, Singapour, Brunei). Le Cambodge, le Vietnam, le Laos et le Myanmar (Birmanie), membres plus récents de l'ASEAN, devraient rejoindre la zone d'ici 2015.

Quels seront les effets de cette zone de libre-échange ?

Contrairement à l'Europe et l'Amérique du Nord, la création d'une zone de libre-échange suscite assez peu de critiques. Même si certains, à l'image des industriels du textile en Indonésie, craignent une invasion du Made in China. Les échanges entre l'ASEAN et la Chine sont déjà déficitaires (voir graphique ci-contre, source NYT). La Chine est, après le Japon et l'UE, le troisième partenaire commercial de l'ASEAN, devant les Etats-Unis.
Les effets de cette ouverture devraient varier selon les pays. Singapour, la Malaisie et la Thaïlande ont des échanges légèrement déficitaires. La Malaisie, qui exporte du pétrole, du gaz naturel et du caoutchouc vers la Chine, devrait profiter de l'ouverture du marché chinois. Le Vietnam voit son déficit se creuser, cela pourrait s'aggraver puisque le pays a des productions à faible valeur ajoutée en concurrence directe avec les productions chinoises. D'un autre côté, les pays d'Asie du Sud-Est pourraient concurrencer la production agricole chinoise, en particulier le Cambodge.

Bref, comme partout ailleurs, l'ouverture d'une telle zone de libre-échange devrait renforcer l'intégration régionale, relativement modeste pour le moment, faire des heureux et des laissés-pour-comptes. La mise en concurrence de tous ces espaces très divers crééra sans doute une dynamique positive mais devrait aussi développer certaines inégalités à différentes échelles, entre villes et campagnes, entre espaces bien intégrés à la logique de mondialisation et espaces marginalisés par ce même processus. L'ouverture des économies et des sociétés d'Asie du Sud-Est trouvera donc logiquement ses détracteurs et ses partisans.

La Chine populaire a pris de l'avance dans la région avec la création de cette zone, nul doute que cela va intéresser les autres puissances économiques que sont la Corée du Sud, Taïwan et surtout le Japon.

lundi 28 mars 2011

Sujet d'étude STG la Chine

Sujet d’étude : la Chine
Un pays communiste qui s’est ouvert au marchés mondiaux
La Chine est communiste depuis 1949 : l’état possède et contrôle. Dans les années 80, après la mort de Mao Zedong, le nouveau dirigeant Deng Xiao Ping, tout en maintenant un régime politique communiste autoritaire a engagé des réformes économiques destinées à ouvrir la Chine au capitalisme mondial. Des FTN étrangères se sont installées sur les littoraux (dans les ZES) pour profiter d’une main-d’œuvre peu couteuse et disciplinée et d’avantages fiscaux intéressants. La Chine est devenue le 3° pôle commercial du monde (derrière Etats-Unis et Union Européenne). Sa façade maritime est la plus dynamique du monde : sur les 10 premiers ports mondiaux 6 sont chinois, dont le 1er, Shanghai.
Une superpuissance mondiale en devenir ?
La puissance chinoise présente 3 visages actuellement :
 une puissance économique fondée sur une croissance vertigineuse : + 9 % par an ! Cette puissance économique repose sur les biens de consommation courants (la Chine est « l’atelier du monde ») mais de plus en plus sur la haute-technologie comme le montre le vol en 2000 du 1er Taïkonaute. Cette puissance se mondialise : outre la Triade, la Chine étend sa puissance en Asie et en Afrique
 une puissance politique montante fondée sur la taille du pays (9,6 millions de km²), son poids
démographique (1,3 milliard d’habitants), sa puissance militaire (la Chine dispose de l’armeatomique) et sa présence forte à l’ONU
 une puissance culturelle naissante reposant sur les millions de chinois installés dans le monde (diaspora) avec 2 signes forts : le développement des instituts Confucius et les JO de Beijing en 2008.
Une Chine à plusieurs vitesses
La Chine littorale, interface avec le monde, est le cœur de cette puissance : peuplée, en plein développement, urbanisée… La Chine intermédiaire, plus agricole, commence à rattraper son retard avec des villes comme Wuhan. Par contre la Chine intérieure reste rurale et très en retard de développement : elle est un réservoir de main-d’œuvre pour les littoraux.
La Chine reste un pays du Tiers Monde par son niveau encore bas de développement, mais les inégalités sociales se creusent, surtout entre les citadins, plus riches, et les ruraux. Un exode rural massif draine des millions de paysans vers les villes dans lesquelles ils sont confronté à de très gros problèmes d’emploi, de logement et de misère.
La croissance chinoise est fragile car elle dépend beaucoup des ressources importées et elle génère une forte pollution. De plus les menaces de désordres sociaux sont élevées. Enfin la croissance de la population ayant été limitée grâce à la politique de l’enfant unique il risque de se poser un gros problème de vieillissement.
Notions et vocabulaire
ATELIER DU MONDE : cette expression désigne l’énorme importance des usines de montage et assemblage en Chine.
INSTITUT CONFUCIUS : centres culturels chinois à l’étranger.
POLITIQUE DE L’’ENFANT UNIQUE : lancée à la fin des années 70 cette politique impose au couple de n’avoir qu’un seul enfant, sous peines de sanctions (pour réduire la fécondité chinoise). Face à la grogne et aux dérives (par exemple on ne déclarait pas les petites filles) les autorités ont progressivement assoupli cette politique.
TAÏKONAUTE : navigateur chinois de l’espace (Europe = spationaute / EU = astronaute / russie = cosmonaute)
ZES : une Zone Economique Spéciale est un espace chinois disposant d’avantages fiscaux et administratifs afin d’en faire
une zone d’ouverture vers l’extérieur. Créées en 1980, il y en a actuellement 15 dont Shenzhen (vers Hong Kong) et Pudong (vers Shanghai).
MAO ZEDONG : dirigeant chinois qui fit de la Chine un pays communiste en 1949. Il meurt en 1976. Son successeur, DEND XIAO PING réforme la Chine. L’actuel dirigeant chinois est monsieur HU JINTAO.

terminale STG synthèse suite

POLES ET AIRES DE PUISSANCE :

Les fractures du monde actuel
On peut distinguer 2 fractures mondiales : les différences de développement et l’intégration à la mondialisation.
Les fractures du développement
Le développement se mesure par la richesse (on utilise surtout le PIB par habitant) et par les conditions de vie que l’on apprécie par le niveau d’éducation, la santé, l’espérance de vie, l’accès à l’eau potable, l’alimentation, etc. Un indicateur de synthèse existe, c’est l’IDH, auquel on a ajouté depuis peu l’IPH.
Les inégalités de développement sont de 3 types
la fracture Nord / Sud existe toujours : l’expression « Tiers monde » est née en 1952 mais cette fracture est devenue plus
compliquée à cerner car les différences au sein du Nord et au sein du Sud se sont creusées ;
les inégalités sociales se creusent à l’intérieur des sociétés, qu’elles soient du Nord ou du Sud
 les inégalités régionales à l’intérieur même des pays se creusent également entre des espaces plus dynamiques, souvent des villes littorales, et des espaces en retard de développement, souvent des campagnes de l’intérieur
Les fractures acctuelles Consulter la carte 1 : les Nord et les Sud
Consulter la carte 2 : des espaces inégalement intégrés à la mondialisation
Les obstacles au développement
Les pays du Sud les plus en difficultés rencontrent des obstacles externes (hérités de la période coloniale souvent) puisqu’ils sont dépendants des pays riches pour leur commerce et ils sont très endettés et des obstacles internes : faiblesse de l’état (souvent corrompu), troubles politiques, pression démographique, maladies infectieuses et inégalités sociales.
Le défi du développement durable
Les pays, du Nord comme du Sud, ont un défi commun à relever, celui du développement durable : comment concilier la nécessité du développement économique tout en assurant l’équité sociale et en préservant l’environnement menacé par l’effet de serre, le réchauffement climatique, l’épuisement des énergies fossiles, ou la déforestation massive ? A Rio en 1992 se tient le 1er « sommet de la terre » l’idée du développement durable est lancée et des actions sont engagées (ex les Agenda 21). Mais sa mise en place est difficile car les priorités de certains états et des FTN s’opposent au DD (ex, les Etats-Unis ont refusé d’appliquer les décisions du protocole de Kyoto sur les émissions de gaz à effet de serre) et parce que les états du sud (comme
la Chine) considèrent que le DD est une entrave imposée par les pays riches à leur propre développement.
Notions et vocabulaire
AGENDA 211 : désigne les propositions faites lors du sommet de la terre à Rio en 1992 pour assurer le développement durable pour le XXI° siècle que les états, les régions, les collectivités doivent mettre en œuvre progressivement.
DEVELOPPEMENT : désigne une situation dans laquelle la qualité de vie d’une société est satisfaisante : richesse suffisante, activités économiques diversifiées et bonnes conditions de vie.
DEVELOPPEMENT DURABLE : notion qui s’est développée à partir du « sommet de la Terre » de Rio en 1992 : l’idée est que le développement d’aujourd’hui ne doit pas compromettre le développement futur. Pour cela il faut prendre en compte les nécessités économiques mais également tenir compte du bien être des sociétés et des fragilités de l’environnement.
IDH : indicateur de développement humain, créé par l’ONU en 1990, il est calculé à partir du PIB/ht, de l’espérance de vie et du niveau d’éducation (on prend le taux d’alphabétisation et la durée des études). L’IDH s’étend entre 0 et 1 avec 3 seuils : moins de 0.5 signifie un important retard de développement ; entre 0.5 et 0.85 en développement incomplet ; au
dessus de 0.85 un développement satisfaisant. Mais attention, l’IDH est une moyenne !
IPH : indicateur de pauvreté humaine qui mesure le degré de pauvreté dans les pays ; l’indicateur est calculé différemment pour les pays riches et les pays pauvres.
PAYS LES MOINS AVANCES (PMA): ensemble d'une cinquantaine de pays reconnu par l'ONU : ils présentent les aspects les plus avancés du sous-développement : pauvreté, instabilité politique, retards sociaux énormes, sous-équipement. Ils sont à l'écart de la mondialisation et semblent complètement oubliés.
PIB: produit intérieur brut, total des richesses produites sur un territoire. On divise cette richesse par le nombre d’habitants pour obtenir le PIB/HT. Souvent on essaye de tenir compte du taux de change entre les monnaies par la PPA (parité du pouvoir d’achat). On utilise également le RNB (revenu national brut : au PIB on ajoute les entrées et sorties de
capitaux – nouveau nom du PNB).
PROTOCOLE DE KYOTO : ce document (1997) engage les signataires à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2012. Les grandes puissances devront réduire ces émissions d’environ 6%. Les Etats-Unis n’ont pas signé.
TIERS MONDE: expression créée par le français Alfred Sauvy en 1952 pour désigner les pays les plus pauvres du monde, nés, pour la plupart de la décolonisation. Il faisait allusion au Tiers Etat français pour caractériser un ensemble de pays très peuplés mais pauvres et sans pouvoir face aux 2 autres mondes, capitaliste et communiste. Aujourd'hui cette expression n'est plus guère employée car la situation est devenue beaucoup plus complexe.

terminale STG synthèse

POLES ET AIRES DE PUISSANCE : synthèse

Les espaces de la puissance
3 aires de puissance dominent la planète et à
l’intérieur de ces 3 aires on distingue des centres
d’impulsion mondiaux (CIM) à l’influence immense.
La Triade
La puissance et la richesse sont concentrés dans
les 3 pôles de la Triade (75 % du PIB mondial,
du commerce et des IDE) :
 Les Etats-Unis sont l’hyperpuissance
mondiale ; le Mexique et le Canada lui sont
associés par l’ALENA
 L’Union Européenne est une puissance
avant tout économique et financière, mais
l’absence d’unité politique empêche son
rayonnement mondial.
 Le Japon domine l’aire de l’Asie Orientale
constituée de puissances émergentes
(Chine, Corée du Sud, Taiwan, Singapour).
C’est une aire de puissance économique
avant tout.
Les centres d’impulsion mondiaux
Les très grandes métropoles (CIM) commandent le monde. A l’échelle planétaire elles ont des liens étroits entre elles (elles fonctionnent en réseau et sont des interfaces)
 on parle de l’AMM. New York, Tokyo, Paris, Londres et Francfort sont des villes mondiales ;
viennent ensuite d’autres grandes métropoles, dans la Triade (Los Angeles, Milan, Osaka, etc.) mais également dans les pays émergents du Sud (Shanghai, Hong Kong, etc.)
Les villes mondiales, associées à d’autres métropoles proches, forment 3 mégalopoles :
 La Mégalopole Nord-américaine s’étend sur 800 Km de Boston à Washington : elle est la plus puissante du monde
 La Mégalopole Européenne (la dorsale) s’étend de Londres à Milan, sur 8 états et concentre la ½ de la richesse de l’UE
 La Mégalopole japonaise (le Tokaido) s’étend sur le littoral sud de l’archipel nippon
Ces Mégalopoles sont ouvertes au monde par des interfaces maritimes.
Notions et vocabulaire
AIRE DE PUISSANCE : espace géographique qui exerce une influence sur l’organisation du monde. On distingue la puissance économique, géopolitique, territoriale et culturelle. Seuls les Etats-Unis ont, à un degré élevé ces 4 attributs et exercent cette puissance sur la planète entière (on parle de SUPERPUISSANCE, voire d’ HYPERPUISSANCE .
ARCHIPEL METROPOLITAIN MONDIAL : les puissantes métropoles de la planète sont reliées entre elles par des flux multiples et variés : on les compare à des îles éloignées mais appartenant au même archipel (= ensemble d’îles).
CENTRE D’IMPULSION MONDIAL (CIM): très grande métropole qui exerce une influence à l’échelle mondiale car elle concentre des pouvoirs de décision (sièges sociaux d’entreprises et grandes institutions), une puissance financière (bourses), des capacités d’innovation (universités, centres de recherche) et des flux très nombreux (nœuds de communication).
INTERFACE : zone de contact entre 2 espaces différents, lien parfois de tensions mais surtout d’échange.
MEGALOPOLE : ensemble de métropoles et de villes étiré sur des centaines de km. Des liens étroits les unissent entre elles par le biais de puissants réseaux de communication.
METROPOLE : grande ville ayant d’importantes fonctions économiques, financières, d’innovation et de commandement. Elles rayonnent sur un territoire plus ou moins vaste (les plus puissantes ont un rayonnement mondial : on les appelle CIM). Si leur population dépasse 10 millions d’habitants on parle de MEGAPOLE.
POLE : lieu qui concentre des activités diversifiées et qui, en étant au cœur d’un réseau de communication, influence et organise l’espace qui l’entoure à l’échelle locale, régionale, nationale voire mondiale.
TRIADE : regroupement des 3 ensembles les plus riches et puissants de la planète : Etats-Unis, Union Européenne, Japon. On parle parfois d’OLIGOPOLE MONDIAL.